IT WAS ALL FIELDS ONCE

New Ruralities Exhibition

Le discours académique privilégie souvent l’urbain comme modèle dominant d’organisation humaine, reléguant le rural à son opposé inférieur – moins dense, moins développé, et apparemment moins pertinent. Pourtant, les espaces ruraux sont profondément intégrés dans les systèmes mondiaux de capital, de travail et d’infrastructures, et sont donc loin d’être périphériques.

Malgré cela, la ruralité reste fortement stéréotypée : soit idéalisée comme simple et authentique, soit rejetée comme arriérée et en décalage avec la modernité. Ces représentations construisent le rural comme l’« Autre » du progrès. Or, cette qualité perçue comme « décalée » pourrait en réalité offrir une forme de résistance aux systèmes dominants – en ouvrant des espaces pour des manières alternatives de vivre, de travailler et d’interagir avec l’environnement.

Le rural est un espace de culture active et d’interactions entre humains et non-humains, ce qui en fait un lieu essentiel pour réimaginer des formes de cohabitation plus justes et durables sur la planète.

IT WAS ALL FIELDS ONCE est à la fois une exploration et une invitation. Ce projet rassemble des pratiques spatiales, des recherches et des perspectives artistiques qui remettent en question la dichotomie entre l’urbain et le rural, et qui tracent les manifestations de la ruralité là où on les attend le moins, y compris au cœur même de la ville. Plutôt que de considérer le rural comme un lieu, l’exposition l’envisage comme une condition : façonnée par la mémoire, la migration, l’écologie, le travail et le désir. Elle met en lumière des pratiques, des relations, des rituels et des traditions, tous prêts à être redécouverts, réinterprétés et réinventés.

Cela marque le début d’une collection croissante de perspectives sur la ruralité – non pas comme quelque chose de perdu ou à préserver, mais comme une force dynamique, pleine de potentiel.

 

Dates
Jeudi, 3 juillet, 2025Mercredi, 20 août, 2025
Commissaire(s)
Juan Barcia Mas, Sophia Garner, and Ina Valkanova on behalf of the NEWROPE Chair of Architecture and Urban Transformation, ETH Zürich

L’exposition se déploie sur deux lieux complémentaires : le CIVA et TRACK.

Le CIVA commence à constituer une archive de pratiques, de rituels et d’artefacts ruraux, principalement recueillis dans le cadre du projet New Ruralities (NERU), une collaboration de trois ans entre six institutions académiques européennes, financée par le programme Erasmus+.

TRACK, quant à lui, élargit et réinvente ces éléments à travers une approche artistique. Situé dans une gare – lieu de jonction physique et symbolique entre la ville et la campagne – TRACK devient un seuil : un espace intermédiaire qui fait entrer la ruralité dans l’urbain et en explore le potentiel transformateur.